La Martinique, destination culinaire 2018 ?

Ici en Martinique, vous ressentirez peut-être, vous aussi, cette impression de mouvement, d’effervescence. Du Nord au Sud de l’île, le long des plages comme à travers les routes sinueuses des mornes, on déniche toujours, comme inévitablement, une nouvelle perle culinaire. Comme si tout ici, de la terre aux assiettes, travaillait à faire valoir une richesse encore trop discrète.

Un engouement pour la gastronomie qui ne date pas d’hier.

Et si d’autres îles caraibéennes avaient une certaine avance, tant en matière d’innovation qu’en reconnaissance internationale, la Martinique a, en 2017, démontré qu’elle était prête à faire valoir des talents qu’elle compte nombreux et créatifs !

De toute évidence, je ne pourrai énumérer ici toutes celles et ceux qui représentent ce terroir et sa gastronomie, cependant je peux en mentionner quelques uns que j’ai eu le plaisir de découvrir.

 

De la Terre…

La bonne cuisine commence par de bons produits, et la Martinique en possède copieusement !

Coté mer, vous pensez évidemment à la langouste, ce crustacé proche de notre homard bleu. Mais bien d’autres produits marins sont aussi ici une fierté culinaire ! L’oursin, par exemple, lequel les pêcheurs locaux attendent chaque année avec hâte les rares dates d’autorisation de pêche. Le lambi aussi, un fruit de mer authentique des Antilles dont vous n’avez pas pu rater le coquillage, à tester indéniablement Dans les rivières du Nord, ce sont les écrevisses qui ont la côte, dont les très prisées d’André Mangatal, au Carbet.

Côté terre, les tristes monocultures de bananes et de cannes à sucre voient peu à peu émerger, de part et d’autre, de nouvelles exploitations. Plus propre pour l’environnement, la permaculture en est un parfait exemple. C’est ainsi que Céline & Tomazo ont crée il y a 7 ans, les Jardins de Macabou, au Vauclin. 15 hectares de plantation et d’élevage en adéquation avec la nature et leur environnement dont il font savourer la récolte via une visite-dégustation qui n’a lieu -pour le moment- que le Dimanche. Depuis le Morne-Rouge, c’est Sébastien et l’équipe de Petit Cocotier qui préparent et livrent des paniers de fruits et légumes issus d’une agriculture organique chaque semaine à travers toute l’île. A Ducos aussi, quartier Bois Soldat, un marché de fruits et légumes bio qui oeuvre tous les Mercredi à partir de 15H grâce au groupement Orgapéyi. L’occasion d’y découvrir régulièrement un produit local mis à l’honneur chaque semaine.

Mais encore, vers Trinité, je vous racontais il y a peu l’histoire du premier pleurote biologique français, cultivé par la famille Pascault depuis 2003 en Martinique. Plus surprenant maintenant, au Sud, le Marjolait. L’unique fromage « made in Madinina » crée par Magalie Cléry, qui élabore aussi d’excellents autres produits laitiers, comme des yaourts ou du fromage frais, sans oublier un fromage au lait de ses propres chèvres, rarissime et très convoité. Encore ! A l’Est de l’île, le Domaine de Frégate au François, propose du bon lait cru et local. Un avantage non négligeable et une alternative bienvenue au moment des scandales de chez Lactalis. 

La langouste, symbole culinaire des Antilles et de la Martinque, ici en carpaccio aux agrumes @Tropix

…aux Assiettes.

En cuisine c’est pareil, les saveurs locales sont mises en valeur grâce à des personnes compétentes depuis bien longtemps déjà. Par exemple, Le maître cuisinier de France, Jean-Charles Bredas, qualifié de « Bocuse de Martinique », par Gilles Pudlowski en 2016. Egalement, Jimmy et Thierry Lauzéa, des frères chocolatiers dont j’évoquais déjà le talent lors de mon expérience du chocolat aux Caraïbes. Talent qui les mena à l’Elysées, il y a tout juste quelques semaines lors du Salon du Chocolat. Je pense aussi à Tatie Maryse, cette blogueuse amateure et autodidacte en cuisine il y a encore 7 ans, est aujourd’hui une incontournable de la Martinique, et même plus largement dans toutes les Antilles. Aujourd’hui, Tatie Maryse et sa TeaM, c’est une équipe et un véritable site web professionnel.

Plus récemment, de jeunes chefs davantage médiatisés participent aussi à la mise en avant de l’art culinaire martiniquais, notamment pour ne citer qu’eux, Alexandre Dauberton, Nathanaël Ducteil et Marcel Ravin.

Le premier, Alexandre Dauberton, un très jeune chef métropolitain dont la cuisine est prometteuse. Entreprenant, il remporte le concours de la gastronomie martiniquaise en 2016 et commence l’année 2018 par une successions de dîners à 4 mains en collaboration avec le chef étoilé Nicolas Magie, à découvrir au restaurant Le Zandoli de l’hôtel La Suite Villa.

Nathanaël Ducteil, est quand à lui un cuisinier ambitieux et montant dans le département 972. Après avoir officé dans les cuisines des hôtels Plein Soleil et French Coco, où j’ai eu le plaisir de déguster certaines de ses créations, il propose aujourd’hui ses services comme chef à domicile ou en association ponctuelle avec divers restaurants comme Le Yellow, à Fort-de-France.

Enfin, Marcel Ravin. Premier chef martiniquais à recevoir une étoile en métropole par l’incontournable Guide Michelin grâce à une cuisine métissée et comtemporaine. Une distinction qui ouvre des portes et une visibilité précieuse pour toute la communauté culinaire de la Martinique. Fraîchement décoré de la légion d’honneur, il est aujourd’hui un acteur clé de cette effervésence dont je parlais un peu plus tôt, notamment via l’organisation du Martinique Chef Festival en 2016 ou le Dîner de l’Espérance, dîner de charité annuel en faveur des jeunes défavorisés dont il est le parrain.

Le rendez-vous culinaire

D’autres rendez-vous sont déjà présents ou prévus en 2018, et beaucoup d’autres arrivent. Par exemple, le Karambole Tour, qui propose différentes excursions en minibus à la découvertes des saveurs locales, mais aussi la très prochaine parution d’un nouveau magazine nommé ARÔMES Péyi dédié lui aussi à la gastronomie régionale.

Ce sont donc toutes ces choses et ces gens, parmi tant d’autres encore non mentionnés, qui me laissent à rêver que la Martinique pourrait bien être la destination culinaire de l’année 2018, sinon celle d’une année à venir. Par ailleurs, encore une conséquence positive de cette agitation, c’est la récente création d’un pôle Antilles Guyane par le célèbre Guide Gault & Millau, dont les premières récompenses arriveront d’ici très peu de temps.

Alors, quand je vous dis que ça bouge en Martinique !

De mon côté, je continue à explorer le département pour dénicher et partager avec vous mes nouvelles expériences et découvertes. Je vous réserve aussi encore quelques surprises et, prochainement, une belle annonce culinaire à venir.

Et vous, quelle sera votre destination culinaire 2018 ?

Auteur

Jordan Delamotte

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